Le doyen des Pussayens

Nous sommes allés dans la petite maison, toute proche de la poste, où demeure le doyen des Pussayens, Monsieur Georges BAVOUZET



BM – Bonjour Monsieur. Nous venons vous voir pour le Bulletin Municipal de Pussay.
GB – Bonjour. Entrez donc ! Je suis bien content de vous voir. Que voulez-vous savoir ?
BM – D’abord, comme doyen de la commune, nous voudrions savoir votre date de naissance, si ce n’est pas trop indiscret.
GB – Ce n’est pas un secret ! J’ai 94 ans en juin prochain ; je suis né le 17 juin 1920 à Châteauroux, dans le département de l’Indre.
BM – Êtes-vous resté à Châteauroux ?
GB – Un peu, dans ma première jeunesse. Mes parents m’ont envoyé à l’école et aussi gagner ma vie : j’ai été placé dans les fermes, garder les vaches ; j’ai aussi fait les vendanges, car ensuite nous sommes allés à Tours vers 1930.
BM – 1930, c’est l’année de la grande crise !
GB – Oui, déjà la crise ! Et puis on est vite arrivé au temps de la guerre et en 1942, j’ai été déporté, réquisitionné pour le STO – le Service du Travail Obligatoire – Les Allemands m’ont fait partir pour l’Allemagne.
BM – A quel endroit, en Allemagne, dans une ferme ?
GB – Non, en usine, à Eisenach, en Thuringe.
BM – Une usine de quoi ?
GB – C’était une usine d’armement, une fabrique de moteurs BMW. Je n’arrivais pas toujours à faire mon travail comme ils voulaient et ils disaient que l’on faisait du « sabotage ». (il rit)
Pour la nourriture, on nous donnait des gamelles de choucroute !
BM – Lorsque vous avez été libéré, vous êtes revenu où ?
GB – J’ai été libéré à la fin de la guerre, en 1945 et je suis allé chez une de mes deux soeurs, à Soissons.
BM – Puis un jour, vous avez rencontré celle qui allait devenir votre épouse ?
GB – Oui, elle travaillait dans une triperie chez sa Tante à Paris. On s’est connu dans les années 60 et on s’est marié en 1967. On est toujours ensemble depuis cette date.
Un jour, on a trouvé cette petite maison à Pussay, qui nous convenait bien… et on y est encore !
Je suis retraité d’EDF-GDF, je travaillais à Chatou, au Laboratoire d’Etude et de Recherche Hydraulique
BM – Comment vous avez occupé votre retraite ?
GB – J’ai un petit jardin pour les légumes, mais maintenant, je n’y vais plus. Je reste à la maison. C’est même ma femme qui fait les courses !
BM – Et concernant votre santé ?
GB – Écoutez, je ne me plains pas : je ne souffre pas !
BM – C’est une bonne nouvelle ! Un grand merci d’avoir bien voulu répondre à nos questions pour nos lecteurs. Continuez à bien vous porter. A bientôt !

Propagande nazie sur l'usine d'Eisenach