Louis XIV et PUSSAY : quand le seigneur de PUSSAY était Grand Ecuyer de France.

Lorsque l'on se trouve dans l'église de PUSSAY, dans le bas-côté gauche, chapelle Saint Jean, sur le mur se trouve apposée la pierre tombale de « Messire Antoine de VENDEUIL », inhumé devant l'autel le 1er août 1710, âgé de 63 ans. On peut y voir encore son blason et celui de son épouse née Louise Françoise de LANGUEDOUE.
Les historiens locaux ne s'étaient pas penché sur la question : effectivement, il existe bien un lien entre PUSSAY et Louis XIV... en la personne de ce Antoine de VENDEUIL, époux de Louise Françoise de LANGUEDOUE (voir) , l'une des trois filles qui hérite de la moitié du château (voir) du seigneur de PUSSAY, en 1703, car le couple aura pour fils le Grand Ecuyer du Roi.
Le premier Seigneur de VENDEUIL dont l'histoire ai conservé le nom est Clérembault Ier qui vivait en 1045, sous le règne du roi capétien Henri Ier de France. Les armes de VENDEUIL étaient un lion naissant d'or sur champ d'azur avec cette devise :
"Nous sommes de Vendeuil Vendeuil nous sommes".
Antoine de VENDEUIL et Louise Françoise de LANGUEDOUE se marient à Paris le 23 Février 1688. La famille demeure rue des Canettes. Au 26 de cette rue se trouvait l'Hôtel Marsollier.
« A la suite de cet hôtel se trouvait, à l'angle de la place Saint-Sulpice et aussi en bordure de la rue du Vieux-Colombier, la grande Académie royale de manège que dirigèrent MESMONT (1647), DESROCHES (1689), VENDEUIL (1691) et JOUAN (1760). » « Le terrain où se trouvait cette Académie fut ultérieurement vendu au curé de Saint-Sulpice, pour la formation de la place Saint-Sulpice. »
Antoine de VENDEUIL, chevalier, seigneur de PUSSAY, d'ESTELFAY, de COURBEVOIE et autres lieux, est d'abord professeur d'équitation à PARIS à partir de 1680.
Il en devient le directeur en 1691. Leur fille Claude-Françoise naît aussi à PARIS le 26 Octobre 1701.
Leur fils, Antoine François de VENDEUIL, reçoit du roi Louis XIV la charge d'Ecuyer ordinaire du roi aux Grandes Ecuries de VERSAILLES, « ordinaire » signifiant qu'il en a la charge et l'exercice à plein temps.
L'Académie de la rue des Canettes à Versailles était l'une des deux académies royales subsistant après le décret de Louis XIV du 22 décembre 1690.

Place Saint-Sulpice
La Grande Ecurie abritait les chevaux de guerre, ceux du manège, de la parade et des chasses royales. La Petite Ecurie abritait les chevaux d'équipage et les voitures qu'ils tractaient, sans oublier la voiture à trois roues que le roi utilisait à la fin de sa vie pour faire visiter le parc du château.
Antoine de VENDEUIL est « l'instructeur le plus influent », « l'illustre maître » de François ROBICHON de La GUÉRINIÈRE (1688 - 1751). Ce dernier écrira plus tard un ouvrage intitulé « Ecole de cavalerie » - « que l'on peut qualifier de livre de base de tous les temps », une « référence mondiale de la littérature équestre ». « Il est possible que M. de VENDEUIL, l'illustre maître de La GUÉRINIÈRE, ait inauguré « l'épaule en dedans », une leçon capitale dans l'assouplissement et la mise en condition du cheval ». C'est La GUÉRINIÈRE, devenu célèbre, qui l'a formulée.
Claude-Françoise, dont le père Antoine de VENDEUIL y est dit Seigneur d'Estelfay, de Pussay, de Courbenoy..., écuyer du roy, demeure, à sa naissance, à l'académie rue des Canettes à Versailles. Le parrain n'est autre que le très haut et puissant Prince messire Claude LAMORAL (1) Prince de LIGNE et du Saint-Empire, la marraine est Françoise de LANGUEDOUE de la VILLENEUVE (Religieuse en l'abbaye de Notre-Dame de l'Eau - Diocèse de Chartres). L'acte est transcrit à la fin de l'année sur le registre et il a été fait par le vicaire de Saint-Sulpice à Paris.
Dans les registres paroissiaux, la naissance de Claude (en l'honneur du prénom du Prince de LIGNE) Françoise (en l'honneur de Françoise de LANGUEDOUE) de VENDEUIL, fille d'Antoine de VENDEUIL est mentionnée le 26 octobre 1701, elle est baptisée deux jours plus tard.
Antoine de VENDEUIL décède à SAINT-GERMAIN-EN-LAYE en octobre 1760. Il repose dans l'église de PUSSAY, où se trouve apposée la pierre tombale de « Messire Antoine de VENDEUIL », inhumé devant l'autel le 1er août 1710, à l'âge de 63 ans. On peut y lire l'épitaphe : « Cy gît Messire Antoine de Vendeuil chevalier seigneur de Stelfay (Montdidier) Pussay Bauzy et autres lieux écuyer du roy décédé en ce lieu le 1er d’aout 1710 âgé de 63 ans. Par Dieu pour le repos de son âme ».








Signature de de VENDEUIL au baptême d'une fille de « feu » René François d'ARCHAMBAULT et de Dame Charlotte de LANGUEDOUE 5 Octobre 1710

(1) retour Claude LAMORAL II (5 juillet 1685 † 7 août 1766), 6ème Prince de Ligne et du Saint-Empire (1702-1766), Prince d'Amblise et d'Épinoy, Grand d'Espagne, Chevalier de l'ordre de la Toison d'or, Marquis de Roubaix, Vicomte de Leyden, Baron d'Antoing, etc.., Premier Seigneur de Flandres, Pair de France, Sénéchal et Maréchal de Hainaut, était Gouverneur du duché de Limbourg, et Conseiller d'État.
La maison de Ligne est une des plus anciennes et des plus, illustres du comté de Hainaut : elle tire son nom de la ville de Ligne (Belgique).
photo ci-contre : Henri Louis Ernest (4 février 1644 † 8 février 1702 - son père), 4ème prince de Ligne et du Saint-Empire.
Les fastes militaires de l'Empire, des royaumes de France et d'Espagne, et de l'ordre de la Toison d'Or, attestent des services et l'importance de cette maison.
Précision : à cette époque, les Pays-Bas méridionaux, étaient sous souveraineté espagnole. En 1713, ils deviennent les Pays-Bas autrichiens par le traité d'Utrecht.
Par le traité de Rastatt, les Pays-Bas Espagnols passent à l'Autriche, en 1713 également, restant possession de la Maison de Habsbourg.