L'Eglise Saint-Vincent
L'énigme : Pourquoi Saint-Vincent ?

Le saviez-vous ? L’un des deux saints choisis par nos ancêtres comme patron de l’église de Pussay est Saint-Vincent le Patron des vignerons.

Savez-vous pourquoi ?
L’église de PUSSAY est consacrée à Saint-Vincent patron des vignerons et il y avait, en effet des vignes à PUSSAY… comme partout ailleurs en France… parce qu’il fallait partout du vin pour les messes (entre autre utilisation…)
« Peut-être peut-on s’étonner de voir aborder le plateau limoneux (de la Beauce) consacré depuis longtemps à la céréaliculture pour parler de vignobles. Faut-il rappeler que chaque village compte quelques pièces de vignes dont le vin est destiné à la consommation locale et à l’utilisation liturgique ?
Georges Lefebvre note que, à la fin du 18ème siècle encore, seulement trois paroisses de Beauce sont totalement dépourvues de vignes mais que bien peu de villages ont du vin à vendre.
» (1)
Mais pourquoi Saint-Vincent était-il patron des vignerons. Cherchez un peu !
C’est en effet une énigme, car s’il est le saint patron des vignerons, il n’a aucun rapport de près ou de loin avec la culture de la vigne ; il n’était même pas vigneron ! Il était diacre de Saragosse en Espagne, martyrisé au tout début du 4ème siècle, par ordre du préfet romain Dacien.
Le vitrail ci-dessous présente le saint patron de l’église de Pussay.

Vitrail de Saint-Vincent
dans l'église de Pussay
Saint-Vincent est né à Huesca en Espagne, il va à l'école de Valère, évêque de Saragosse, lequel l'envoie prêcher la loi chrétienne dès qu'il est ordonné diacre.
Dacien, gouverneur païen du pays, constatant l'immense travail de conversion effectué par Vincent, le fait saisir pour le martyriser, ainsi que Valère qu'il exile.
Il est représenté sur ce vitrail avec la palme du martyre et la grappe de raisin.
Plus tard, Childebert 1er (Mérovingien), 3ème fils de Clovis, Roi de PARIS et d’ORLEANS, rapporte de Saragosse une étole attribuée à Vincent et une autre relique (une partie de son corps probablement).
Pour honorer ces reliques Childebert fait construire en 543 aux portes de PARIS une abbaye qui prit d’abord le nom de Saint-Vincent, en attendant de devenir en 754 l’abbaye saint Germain-des-Prés (tout le monde connaît !). C’est d’ailleurs Germain, évêque de PARIS, qui, le 13 décembre 558, (jour de la mort du Roi), dédicace (on dirait de nos jours inaugure) l’église abbatiale du nom de Vincent.

Saint-Vincent

Saint-Rémy

Childebert 1er
Cette abbaye Saint-Vincent possédait d’innombrables vignobles tout autour de PARIS. En référence à l’abbaye mère, d’autres abbayes prirent le même vocable : Saint-Vincent du MANS, Saint-Vincent de LAON, Saint-Vincent de SENLIS etc. et c’est ainsi que se propagea sans doute la référence de la vigne au saint.

Une autre hypothèse considère qu’à la messe, c’est le diacre qui s’occupe de verser le vin dans le calice… et comme Vincent était diacre…
Mais il est bien possible qu’il ne s’agisse en fait que d’un calembour. Saint-Vincent est le patron des vignerons parce que nos ancêtres étaient parfois des petits plaisantins. Ils aimaient faire des jeux de mots.
S’il y a tant et tant d’hôtels du « Lion d’or » en France, c’est parce qu’« au lit on dort »… et oui !
Pour Saint-Vincent, c’est parce que c’est le saint du vin et du sang = saint – vin – sang (vincent), symbolisme de la Cène du Christ. Peut-être s’agit-il d’un autre calembour : vin-cent, celui qui donne le vin au centuple. Certains cabarets prirent comme enseigne l’image du saint entre deux « O » = « O-Vincent-O » ce qui veut dire « au vin sans eau » ; ou bien encore, on écrit : « O-20-100-O ».

A PUSSAY, la fête patronale de Saint-Vincent, devenue fête communale, ne correspond plus au 22 janvier, fête du saint, mais, comme on le sait, a été déplacée pour raison météorologique au premier week-end de Mai…
A propos, savez-vous s’il y a, à PUSSAY, des noms de rues ou des lieux dits qui rappellent l’existence d’un vignoble ? rue du pressoir, rue du clos, rue de la vigne… ou autre chose ?
Cherchons un peu…
retour Alain George – « Les vignobles de l’abbaye des Vaux de Cernay » dans « Mémoires de la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l’Ile de France » qui cite George Lefebvre pour « Etudes orléanaises ».

Noms viticoles :

Pour compléter la réponse à la question posée, nous n’avons pas trouvé trace à PUSSAY de noms de rues faisant allusion à la culture de la vigne. On trouve sur le cadastre un lieu-dit qui se nomme « La Cave », mais la cave peut être vide…
Quant aux deux autres lieux-dits « Le Bois du Méchant Muid » et « Le Sentier des Quatre Muids », rien n’indique qu’il s’agisse de muids de vin, car un « muid » est d’abord une mesure de capacité… de n’importe quoi (les liquides, le sel, les grains…).


Pourtant, l’utilisation la plus courante du mot « muid » est bien celle qui se réfère au vin, car un demi-muid est une capacité de 600 litres de vin. Les noms synonymes sont : futaille, barrique, tonneau et foudre. L’enquête reste à compléter !