Église Pré-Saint-Évroult
Pussay (Essonne) et Pré-Saint-Évroult (Eure-et-Loir) ?

Deux villages liés par l’histoire : Pussay et Pré-Saint-Évroult
Avec deux numéros du « Petit Écho de Pussay » - le n° 19 de Mai / Juin 2011 et le n° 32 de Mai / Juin 2013, nous avons fait la connaissance avec l’une des trois branches issues de la famille de LANGUEDOUE de PUSSAY, celle portant le nom de LANGUEDOUE DE VENDEUIL. Louise de LANGUEDOUE était l’une des trois filles du seigneur de Pussay et elle avait épousé un personnage portant le nom de VENDEUIL et qui pouvait prétendre à un tiers de la fortune partagée en 1703 au château de Pussay.
Il nous reste à connaître les deux autres branches.

C’est l’histoire de cette deuxième branche des LANGUEDOUE, seigneurs de Pussay que nous révélons aujourd’hui.
Nous sommes en 1692 : Louis XIV est toujours le roi-soleil, mais le temps se couvre…les nuages apparaissent… et les échecs des guerres successives assombrissent sa gloire.
Charlotte de LANGUEDOUE de Pussay, épouse le 15 Mai 1692 René-François d’ARCHAMBAULT, son cousin germain par les femmes COMPANS-BECQUET. René-François est écuyer, Grand bailli d’épée de Chatillon-sur-Indre. Il est d’abord élevé en tant que Page du Roi en sa Grande Ecurie. Il entre ensuite dans la seconde Compagnie des Mousquetaires de la Garde du roi. Il se distingue dans plusieurs actions, est blessé de trois balles « au siège de Mastrick » (Maestricht). En récompense, le roi lui fait alors présent d’une Compagnie de Cavalerie dans son Régiment. Il reçoit de multiples blessures. Il décèdera à Pussay le 28 septembre 1710.
Charlotte et René-François s’installèrent d’abord au château de Pussay (dans la partie qui est encore debout aujourd’hui).
Ils ont huit enfants connus, tous nés à Pussay : Anne Charlotte ( ? 1694), Jacques François (Pussay 1696), Louis Charles Alexandre (Pussay 1699), René Nicolas (Pussay 1700), Jean (Pussay 1702), Charlotte Françoise (Pussay 1704), David (Pussay + 1708) et Louise Hélène (Pussay 1710-1710).
Leur fils aîné, Jacques François de LANGUEDOUE d’ARCHAMBAULT, né au château de Pussay en Août 1696 est chevalier, seigneur de Pussay, la Barre, Pré-Saint-Evroult, Guibert, la Boissière et autres lieux.
Il épouse Anne Catherine de VAUVIERS-DE-PRÉ, (d’une famille d’Orléans réputée connue depuis le 14ème siècle). Comme son père, il est Grand Bailli d’épée de Chatillon-sur-Indre. Il est aussi Capitaine de Cavalerie au Régiment du marquis de St. Phale de Coulanges (son cousin germain).
Il se marie en 1721, sous la Régence (Louis XV n’a que 11 ans). Le couple donne naissance à au moins 10 enfants, tous nés au Pré-Saint-Evroult, village de Beauce, dans le Dunois (Châteaudun), près de Bonneval. Le fief du Pré-Saint-Evroult appartient à la famille de VAUVIERS.
C’est ce couple qui reçoit lors du partage de 1703 la partie encore existante du château de Pussay, mais à partir des années 1720, la famille ne réside plus à Pussay. Les fermiers receveurs sont plus présents dans notre village que les châtelains eux-mêmes. Jacques-François décède au Pré-Saint-Evroult en octobre 1738 à l’âge de 42 ans.
Acte de décès
« Ce jourd’hui samedi quatrième octobre Mil sept cent trente huit a été inhumé dans la chapelle de la Sainte Vierge de cette Eglise le corps de feu honnorable homme Messire Jacques François LANGUEDOUE DARCHAMBAUT chevallier seigneur de Pussay, de Guibert, du fief de Pré St Evroult et autres lieux, décédé d’hier âgé de quarante deux ans après avoir reçu les sacrements de l’Eglise… »
Parmi les enfants de Jacques-François I de LANGUEDOUE d’ARCHAMBAULT, seigneur de Pussay – né à Pussay en 1696 - et de dame Anne Catherine de VAUVIERS-DES-PRES, on trouve :
L’aîné, né en 1725 au château de Guibert – un fief de Pré-Saint-Evroult, situé à 10 km (1) -, qui porte les prénoms de son père : Jacques François II d’ARCHAMBAULT (2), chevalier, seigneur de Pussay.
Comme son père, il est Grand Bailli d’épée de Chatillon-sur-Indre (3). Il est chevalier de Saint-Louis, maître de camp de cavalerie, maréchal des logis de la seconde compagnie des Mousquetaires de la garde du roi.
Il se marie en 1745 avec Marguerite Julienne de TREMAULT, dame d’ESPOIR (paroisse de Mignières). (Quatre hommes de la famille de TREMAULT seront Maires de Vendôme, entre 1709 et 1881.).
Marguerite Julienne de TREMAULT décède en 1785.
Un de leurs huit enfants sera Jacques François III d’ARCHAMBAULT, né au château d’Espoir en 1746. Ce dernier est d’abord élève à l’école nationale militaire en 1756, puis Mousquetaire noir en 1763, chevalier des Ordres royaux du Mont Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem. Il meurt à Paris en 1770 à l’Hôtel des Mousquetaires du roi. (4)
Nous savons qu’en Juillet 1772, « Messire Jacques François d’ARCHAMBAULT, chevalier, seigneur en partie de Pussay, chevalier de l’Ordre de Saint-Louis, Grand bailli d’épée de Chatillon-sur-Indre, Maréchal des logis des Mousquetaires », assiste à un mariage comme témoin avec Jacques François de La Porte, son Receveur.
Vestige de la Caserne des Mousquetaires noirs au 28 rue de Charenton - Paris
C’est encore un Jacques-François d’ARCHAMBAULT qui sera présent au mariage qui liera les GRY, receveur des biens des seigneurs de Pussay, avec leur famille :
« A Pussay, le 21 juillet 1772, mariage de François DUGUET, fils de feu Jean, laboureur et receveur et de Marie-Marguerite RANDOIN, avec Marie Jeanne Thérèse GRIS (ou GRY ?), fille de Pierre, laboureur et receveur pour les deux tiers de la terre et seigneurie de Pussay et de Jeanne MOLARD ; y assiste messire Jacques-François de LANGUEDOUE d’ARCHAMBAULT, chevalier, seigneur en partie de Pussay, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, grand bailly d’épée de Chatillon-sur-Indre, maré-chal des logis des mousquetaires noirs de la garde du roi, mestre de camp de cavalerie, demeurant ordinairement à Chartres. »
Il sera présent à Versailles à l’Assemblée Générale du 9 Mars 1789 qui prépare les États Généraux.
Pendant les évènements révolutionnaires, la famille habitant Chartres, semble avoir été suspectée – à tort - d’avoir quitté le sol national. Le chef de famille fait officiellement savoir qu’il avait toujours des droits sur ses propriétés de Pussay.
La suite des informations est plus incertaine… et les recherches sur la descendance de ce seigneur « en partie de Pussay » conduisent à penser que sur les huit enfants issus de son mariage, il n’y ait pas eu de descendance.
Il nous restera à considérer la troisième et dernière branche des seigneurs de Pussay, branche qui nous réserve quelques surprises : nous l’envisageons pour un prochain « Petit Écho ».
Voici les Armes des COMPANS-BECQUET (ce sont celles des Becquet de Grande Bretagne, les deux familles étant liées depuis 1541) – « D’azur à trois tours d’or masurées » ou « D’azur à trois tours d’or, deux en chef et l’autre en pointe un peu écornée ».
(masurées = « comme en ruines » - elles ne sont ici ni en ruines ni écornées -)
Armes des d’ARCHAMBAULT – « D’azur à trois lions d’or grimpans, amies et lampassées de gueules, à l’écu d’argent en abyme, à la pale de gueules, chargée de trois sautoirs alaisés d’or. »
(grimpans = grimpants, c'est-à-dire debout – amies = ?? - lampassées de gueules = langues rouges apparentes - alaisés : les croix de Saint-André, au centre, ne touchent pas les côtés)
















(1) retour Le château de Guibert actuel a été reconstruit en 1767.
(2) retour Signalons que René-Charles d’ARCHAMBAULT, l’un des frères, qui ne porte pas le titre de seigneur de Pussay, né en 1726 au château de Guibert, épouse une descendante de la famille de Jeanne d’Arc.
(3) retour Chatillon-sur-Indre fut érigé en présidial en Novembre 1639 et le roi Louis XIV créa en même temps un « bailli d’épée » qui avait droit de commander la noblesse – ban et arrière-ban – de son district pour se rendre à la guerre dans les armées du roi.
« « Notre ban et arrière-ban » est une convocation de tous les vassaux pour servir le roi dans son armée »
On peut en effet dire « ban et arrière-ban » ou tout simplement « arrière-ban » car ce mot lui-même signifie « convocation de l’armée ». Il provient de « aribannum », de « ari » = guerre - en langue franque mérovingienne.
(4) retour L’entrée de cet Hôtel se trouve aujourd’hui au 28 rue de Charenton. A l’ époque des mousquetaires, cette bâtisse comportait 340 chambres !