La bande d'Orgères à PUSSAY ?

L'énigme :

PUSSAY a-t-il reçu la visite de la bande d’Orgères ?

La bande d’Orgères… Interrogez vos voisins ou amis et vous constaterez qu’il n’y a pas grand monde à PUSSAY et aux alentours qui connaisse l’histoire de cette « bande » qui, pourtant, défraya la chronique au XVIIIème siècle, notamment dans la Beauce !
Puisque le thème de notre spectacle de plein air « son et lumière » de Juin prochain aborde ce sujet, nous allons nous pencher très sérieusement sur l’histoire de cette horde de brigands ? Mais peut-être connaissez-vous l’histoire ?


« De temps immémorial, les environs de DOURDAN, d’ORLÉANS, de PITHIVIERS et de MONTARGIS ont été infectés d’une énorme quantité de brigands, hommes et femmes, dont le refuge ordinaire était dans les immenses forêts qui les avoisinent.
Toutes les parties de la France semblent avoir vomi, dans tous les temps, sur ce point de réunion, chacune son contingent de scélérats. Le hasard, autant que le besoin du crime, les rassemblait ; et les premiers cris de cette horde naissante furent : pillage, vols, assassinats. »

Il semble que déjà sous Charles VI, «des associations monstrueuses » ravageaient la France. « L’analogie qui se trouve entre ses principes, sa conduite et ses forfaits, nous porte à croire que la troupe d’ORGÈRES en est, sinon émanée par une espèce de filiation, du moins qu’elle est ressuscitée par tradition. Mêmes plans, même système, même organisation…»
L’organisation de la bande d’ORGÈRES sévit à la fin du XVIIIème siècle, en pleine Révolution française. Arrêtés en Octobre 1799, ils sont jugés à CHARTRES en 1800. Vingt-trois d’entre ces bandits seront condamnés à la peine capitale. Les malandrins avaient entre 400 à 500 hommes de main, dont le quart était des femmes. Ils pillaient les chaumières, les fermes, les châteaux, les maisons les plus renommées pour leur fortune. On les appelle des « chauffeurs », car leur spécialité consistait à brûler les pieds des riches paysans beaucerons. Ils se donnaient à eux-mêmes un nom : « les pingres ». On pense qu’ils se sont rendus coupables de plus d’une centaine d’assassinats.
On comptait parmi eux un chirurgien, un barbier, des couturières, des gardes-magasins, un curé, des mioches et un instituteur des mioches. Mais ils se servaient de nombreux recéleurs ayant pignon sur rue : colporteurs, jardiniers, terrassiers, blanchisseuses, journaliers, cabaretiers, équarisseurs, tonneliers, bouchers, militaires réformés, vignerons, aubergistes et même un garde-champêtre pour faire bonne mesure !
Les bois de Pussin, de Lisermeau, (que nous n’avons pas réussi à situer), celui de SAINT-ESCOBILLE… étaient les districts dépendants des départements des bois de la Muette, de la Porte et de Champ Baudouin (Loiret). Tous ces lieux couverts de bois leur servaient de refuges.
PUSSAY, par sa situation géographique, est donc forcément concerné… Entre PUSSAY et ANGERVILLE, la ferme de Chatenoy ( ?) aurait-eu la visite de ces assassins. Si vous pouvez la situer, dites-le nous…

Lieux cités dans les ouvrages sur la bande d’ORGÈRES entre DOURDAN, CHARTRES et PITHIVIERS :
  • SAINT-ESCOBILLE (et sa forêt)
  • MÉRÉVILLE (et sa forêt)
  • La source de la Juine à JUINES (et sa forêt)
  • AUTRUY
  • ANDONVILLE
  • BOISSEAUX
  • ANNEMONT
  • ERCEVILLE
  • CHAMBEAUDOUIN

Vagabonds et voleurs au XVIIIème siècle :
Suite à l’histoire de la Bande d’ORGÈRES, voici un texte qui fait référence aux archives municipales de PUSSAY :
« 1778 – Sept brigades de maréchaussée de CHARTRES, DOURDAN, VOVES, ANGERVILLE, PITHIVIERS, MALESHERBES sur les ordres de M. de RIMBERGE, Lieutenant de maréchaussée à CHARTRES pour tenter d’arrêter les vagabonds voleurs qui arrêtent le monde par les chemins et routes. »