Un moulin « banal » à Pussay :

Un lieu-dit « Le Moulin » existe toujours au cadastre de Pussay, en coin de Route de Grandville, non loin du nouveau rond-point qui porte aujourd'hui ce nom.

En face, se trouve un autre lieu-dit appelé « la Pièce du Moulin », situé entre la RN 838 et les Evanrits, à l'endroit même où se trouve la Rue de la République...

Sur une carte de Pussay, datée de 1777, relative à la seigneurie de Chastillon, on peut voir l'emplacement exact du moulin à vent, aujourd'hui disparu.
Il semble que ce moulin appartenait au seigneur de Pussay (voir) , comme le four banal (voir) dont nous avons écrit l'histoire dans l'Echo de Pussay n°15 (Septembre / Octobre 2010). Four et moulin donnaient droit au seigneur de percevoir une taxe : droit de « moute » ou de « farinage », une sorte de monopole.
Le moulin (comme le four), avait son territoire que l'on appelait « ban ». Dans les limites de ce ban, nul ne pouvait construire un moulin. Les hommes qui demeuraient sur le territoire du ban (on les appelait des banniers ou des moutiers), fixé approximativement à une lieue (4 km) ne pouvaient se dispenser d'aller moudre leurs grains au moulin banal.
Le meunier, lui aussi, en tirait profit en prélevant sur le grain et ce prélèvement se nomme «émolument» (du latin emolumen-tum fait du verbe melere = moudre) ou « mouture ».
La taxe se payait donc en nature, c'est-à-dire sur le blé ou la farine du « bannier » à raison d'un vingt-cinquième, d'un dix-neuvième ou même d'un seizième.
Les peines les plus rigoureuses étaient appliquées à ceux qui cherchaient à se soustraire à ce droit. Le délinquant se voyait confisquer sa farine et quelquefois son cheval et sa voiture.
Le meunier travaillait la plupart du temps avec un apprenti et quelquefois avec un « chasse-pochée » qui allait chercher le grain dans les fermes et livrer la mouture.
Moulin de Pussay, le long de la Route de Dourdan.
A gauche : Plan contemporain
A droite : Plan de 1777
A partir du XIVème siècle, pour éviter au meunier de prendre trop d'importance dans la filière du pain, la profession de boulanger lui est interdite.
Pour le moulin à vent de Pussay, il est impossible de savoir à quelle date il fut construit puis, beaucoup plus tard, démoli.
Il faut savoir que les plus anciens moulins de l'histoire du monde sont des moulins à eau. Ils sont apparus en France vers le Xème siècle, tandis que les moulins à vent n'ont été construits qu'à la fin du XIIème
Nous connaissons le nom d'un certain nombre de meuniers locaux, repérés aux archives de la commune de Pussay : Pierre RANDOUIN en 1684, Jacques RANDOUIN en 1688, Pierre LEMAIRE en 1691 et Claude MICHAU, en 1725. Mais ces meuniers étaient-ils tous de Pussay ?
Nous avons trouvé un autre Pierre RANDOUIN, né à Gouillons en 1661 et décédé en 1740 à Saint-Escobille, meunier et un Jacques RANDOUIN, né vers 1653 (lieu inconnu) et décédé en 1709 à Saint-Escobille, meunier lui aussi.
Il se trouve qu'un meunier du nom de Pierre RANDOUIN (1694 - 1732) et un autre appelé Jacques RANDOUIN étaient aussi meuniers à Saint-Escobille.
Le dernier meunier de Pussay connu s'appelait Louis LEGROS et c'était en 1767. Sa mère était une RANDOUIN et son grand-père Pierre RANDOUIN était meunier.
Son épouse s'appelait Françoise CHARPENTIER.
Certains renseignement sont dus à Madame Muller (dont le nom veut dire « meunier » en langue germanique).
Pour la petite histoire, il faut dire que la chanson « Meunier tu dors, ton moulin va trop vite ! », rappelle à tous qu'il était en effet dangereux pour un meunier d'oublier de surveiller le temps, le vent et les ailes de son moulin : il devait travailler à n'importe quelle heure du jour et de la nuit ! Mais sa patience était encore plus mise à contribution lorsque le vent s'arrêtait totalement… tandis que les paysans continuaient de lui apporter des sacs de grains à moudre qui s'accumulaient !
A cela s'ajoute le fait que les meuniers n'avaient pas très bonne réputation. On disait qu'ils trichaient sur le poids de farine, sous prétexte « d'envolage ».
« Il y a pas un meunier qu'ait pas mangé de farine volée » disait le dicton. D'autres dictons concernaient le moulin : « A la fontaine, au moulin, au four et au lavoir, les femmes disent tout » ou « Qui veut ouïr des nouvelles, au four et au moulin on en dit de belles ! » et un dernier plus connu : « On ne saurait être à la fois au four et au moulin ! »

L'histoire des moulins :

On désigne par le terme moulin, tout un ensemble de machines qui utilisent une force motrice et produisent de l'énergie, servant à actionner un mécanisme. Cependant, l'histoire des moulins est obscure.
A la Préhistoire, les premiers hommes écrasaient les grains de blé entre deux pierres pour obtenir la farine. Ils ont ensuite inventé, il y a plus de 2000 ans, la meule tournante : une pierre écrasait les grains sur une meule fixe. Cette meule pouvait être actionnée par des hommes ou par des animaux, ou bien par la force de l'eau par l'intermédiaire de grosses roues : on produisait alors 20 fois plus de farine.
Cet usage de l'énergie hydraulique se généralisa à partir du XIème siècle. Les premiers moulins à vent apparurent 100 ans plus tard.
On trouve des moulins à foulons, qui servaient à fouler les étoffes pour fabriquer des draps ; des moulins à scier le bois ou la pierre ; des moulins à tanner employés en tannerie. Les moulins servaient également à fabriquer du papier ou à pomper l'eau...
Les moulins à vent verticaux associent les techniques de la meunerie à eau pour la meule et la voile de bateaux pour les ailes. La conception et l'orientation des ailes face au vent est une invention capitale de ces moulins à vent: selon la force du vent, elles doivent pouvoir être déployées ou diminuées, comme les voiles d'un bateaux.
Les moulins à eau et à vent sont les principaux éléments de l'économie médiévale. Les seigneurs et les abbayes ont souvent cherché à contrôler les moulins, sources de richesses. Ils cherchent à les intégrer à leur seigneurie banale. Selon les régions, à partir du XIIème siècle, cela sera en grande partie réalisé.
Au XVIIème et XVIIIème siècle, le moulin à vent fait toujours partie des banalités : les paysans ont l'obligation d'aller moudre leurs grains au moulin de la seigneurie. Le transport des meules, le nettoyage et l'entretien du moulin font aussi partie de leurs obligations.
A la Révolution de 1789, les moulins sont confisqués aux seigneurs, ils sont revendus généralement aux meuniers.

Les différents types de moulins :

Les moulins à eau
Les moulins à eau sont apparus deux siècles avant notre ère dans l'Orient méditerranéen, puis la technique atteignit Rome sans doute vers - 100 avant Jésus-Christ. On utilisait alors la force hydraulique pour actionner la roue horizontale du moulin, qui entraînait un axe puis faisait tourner la meule supérieure. Ce type de moulin convenait aux cours d'eau rapide.
On trouve également des moulins à roues verticales, qui pouvaient s'installer sur tous les cours d'eau.
Aubes horizontales
Aubes verticales
Si le moulin à eau reste une invention de l'Antiquité, sa véritable expansion ne commence qu'à l'époque médiévale. Son développement entraîne alors de nombreuses modifications dans le paysage : des biefs furent creusés servant de canaux de dérivation et également de réservoirs.
Les moulins à vent
Les premiers moulins à vent sont apparus au Moyen Age, à partir du XIIème siècle. Ils furent perfectionnés jusqu'au XVIIIème siècle.
On pouvait les orienter pour diriger leurs ailes face au vent. Ils se composent de deux grands types :
  • Les moulins à pivot sont constitués d'une cabine pivotante en bois montée sur un axe vertical.
  • Les moulins "tours" sont maçonnés en pierre et en brique. La toiture est solidaire de l'axe de rotation des ailes et tourne sur la sablière qui repose sur les murs.
  • Les moulins à vent étaient moins nombreux que les moulins à eau : le vent, à la différence de l'eau, ne peut se stocker.
    Les moulins à marée
    Les moulins à marée ont fait leur apparition au XIIème siècle en France.
    Ils étaient installés au fond des baies ou des anses : les marées y montaient deux fois par jour.
    A la marée montante, l'eau entre au fond des criques, emplit un réservoir qui se ferme.
    A la marée descendante, le meunier ouvre les vannes et l'eau de mer fait tourner les roues du moulin.
    Les moulins à vapeur
    Au XIXème siècle, sont apparues les premières minoteries également appelées meuneries à vapeur. Les meules sont remplacées par des broyeurs mécaniques en fonte, qui sont actionnés par des moteurs à vapeur.
    Ces nouveaux moulins possèdent plusieurs qualités essentielles : une plus grande rentabilité et une plus grande qualité. Ces moulins furent abandonnés lors de l'apparition de l'électricité.
    Moulin à eau
    Moulin à vent
    Moulin à marée
    Moulin à vapeur
    Principe de fonctionnement des moulins à eau, à vent et à vapeur
    Moulin à eau
    Moulin à vent
    Moulin à vapeur