La Place du Jeu de Paume
L'énigme :

Place du Jeu de Paume, rue du Jeu de Paume, impasse du Jeu de Paume... Aurions-nous eu un Jeu de Paume à PUSSAY ?


Mais qu'est-ce donc que ce Jeu de Paume dont on trouve la trace dans le nom même de nos rues ?
Il s’agit d’un jeu de balle extrêmement populaire, pratiqué depuis l’antiquité qui se jouait d’abord à la paume de la main, comme son nom l’indique, puis avec un gant, puis avec un battoir, et enfin une ou plusieurs raquettes.
C’est l’ancêtre de tous les sports de raquettes.

Déjà en 1397, le Prévôt de PARIS interdit la pratique du jeu de paume tous les jours, sauf le dimanche « parce que plusieurs gens de métier et autres du petit peuple quittaient leur ouvrage et leur famille pendant les jours ouvrables, ce qui était fort préjudiciable pour le bon ordre public ».
A partir du 16ème siècle, toutes les villes, tous les villages doivent avoir leur jeu de paume qu’on surnomme alors des tripots… et certains joueurs en font profession : comme quoi, il n’y a rien de nouveau…

En 1594, le bon roi Henri IV, pour fêter son entrée triomphale dans PARIS, dispute une partie de jeu de paume, ce qui contribue à sa popularité retrouvée.
« Les Français naissent une raquette à la main », c’est ce qu’écrit un Anglais vers 1604, critiquant ainsi cela comme étant une perte de temps, idée partagée à l’époque par les sujets de Sa Très Gracieuse Majesté britannique… En 1657, on compte 114 salles de jeu de paume à Paris.
Une Salle du Jeu de Paume célèbre entre toutes fut celle de VERSAILLES qui vit pour la première fois une Assemblée révolutionnaire qui est à l’origine de notre République !
PUSSAY a donc suivi la mode. Ce qui ne nous dit pas quand cette salle a été créée, ni où elle se trouvait ; peut-être à l’endroit où se trouve aujourd’hui l’école, à deux pas de notre Salle des Fêtes actuelle ?
Il semble que nos Anciens se souviennent très bien d’avoir jadis dansé dans une salle – la Salle MAÉ – qui se trouvait rue du Jeu de Paume, derrière la Mairie. Avant d’être salle de bal, cette salle fut peut-être la Salle du Jeu de Paume de PUSSAY ?

La Place du Jeu de Paume lorsque la Mairie était seule (photomontage)

Les expressions que nous devons au Jeu de Paume :

Les jeux de paume pouvaient se pratiquer en plein air ou en salle. Dans ce dernier cas, on leur donnait le nom de «tripot» qui n’avait rien de péjoratif, car c’est là que l’on tripe, c'est-à-dire que l’on trépigne. C’était un lieu pavé ou carrelé d’où l’expression de «rester sur le carreau». Les tripots comportaient des espaces couverts qui ceinturaient la salle où se plaçaient des spectateurs et si l’on jouait bien on pouvait «prendre la balle au bond» pour «épater la galerie» !


Quant au «bisque, bisque, rage», il provient de ce «brisque» qui donne droit à un point gagnant (sorte de joker) qui fait enrager l’adversaire.
Un point particulier de ce jeu s’appelle «la chasse à pic» : un point est donné au joueur lorsque sa balle tombe au pied du mur du fond. Quand la balle «tombe à pic», elle permet au joueur de marquer un bon point au bon moment. « La chasse » est un autre point particulier du jeu et détermine le changement de côté d’un joueur, d’où le «qui va à la chasse perd sa place».