La Grande Ruelle en 1906
La Grande Ruelle de PUSSAY

D'après vous, où se trouvait la Grande Ruelle à Pussay, et qu'est-elle devenue ?

Elle s'est d'abord appelée la « Grande Ruelle » – ce qui est en soi une contradiction, puisque la définition d'une ruelle est d'être une petite rue et qu'ainsi, il lui est bien difficile d'être grande ...
Elle a ensuite pris le nom de « rue Neuve », probablement parce qu'elle offre la particularité d'être la seule (nouvelle) artère de Pussay qui se trouve perpendiculaire à la rue Étienne Laurent (ancienne Grande Rue) et qui rejoint la rue Charles Michels (ancienne rue du Midi). Et enfin elle a été renommée rue « des F.F.I. » ; elle a bien changé aujourd'hui !

Plaque commémorative
Comme vous pouvez le voir, certaines maisons ont leurs fenêtres murées. C'est à cause d'un impôt qui taxait les propriétaires en fonction du nombre de portes et de fenêtres, impôt créé en novembre 1798, sous le Directoire, lorsque Bonaparte est l'un des cinq Directeurs qui dirigent la Nation. Le dit impôt ne sera supprimé qu'en 1926. La carte-postale étant des années 1906 / 1907, ceci explique cela.
Savez-vous qu'actuellement, les habitants de la rue des F.F.I. ont le plus grand mal à expliquer au téléphone ce que sont ces « F.F.I. » dont la signification est pratiquement oubliée des nouvelles générations :
- « rue des F.F.I. »
- « des quoi ? »
- « des F.F.I., Forces Françaises de l'Intérieur ! »
- « Ah, bon ! »
Heureusement qu'une plaque scellée sous le nom de la rue rappelle aux passants le nom de tous ces jeunes qui ont lutté contre l'occupant nazi. Ceux qui sont honorés ici ont donné leur vie pour notre liberté. Malheureusement, la plaque en question n'est guère explicite !
C'est le refus du S.T.O. (Service du Travail Obligatoire) en février 1943 qui provoque la création de ce mouvement des forces intérieures, en 1944. Les jeunes gens refusent d'aller travailler pour les Allemands, en Allemagne, dans des usines bombardées quotidiennement par les Alliés. Alors, ils quittent leurs usines françaises, leurs universités, leurs familles et vont rejoindre les Maquisards, les Résistants et, dans le sud du pays, les réfugiés de la guerre d'Espagne.
Sur la plaque apposée au début de la rue, figurent seulement quatre noms et prénoms : Henri LOGGHE, Jacques SOUVAY, Roland BESNARD et André NICOL.

FAMILLE LOGGHE

Voici la photographie d'une partie de la famille LOGGHE. Cette famille est venue de Belgique lors de l'invasion allemande de 1914. Certains sont devenus ouvriers agricoles pour aider à biner les betteraves aux alentours de Pussay.
Sur la photo, on voit en tête à droite le grand-père, Lezinus ou Longin LOGGHE né en 1872 à Aertryke (Belgique / Flandre), suivi de ses 9 fils : Auguste Aberic (1895), Hector Richard (1897), Maurice Joseph (1900), Camille (1905), Léon ou Léo Joseph (1906), Florent Joseph (1909), Lucien (1910), tous nés en Belgique ; seuls Henri (1917) est né à Dannard (Aisne) ainsi qu'Albert (1919) né à Sainville (Eure et Loir).
Il n'existe pas de photo pour les filles… pour les 8 filles : Bertha Maria (1893), Emma Marie (1896), Marie Joséphine (1899), Marie (1902), Alina Maria (1904), Laura (1912) nées en Belgique ; Madeleine (1914) et Élisabeth (1915) nées dans l'Aisne.
Au total, 17 enfants, sans compter les 5 décédés à la naissance.
Longin, le Grand père est décédé à Pussay, aux Gargouilles, en 1941.
Auguste est l'aîné des garçons. Il épouse Alice Marie DEMOEN. Tous deux sont les parents d'Henri Maurice LOGGHE, célibataire, né à Sainville le 20 Mai 1920 et mort à Fontaine le 15 Avril 1944.

FAMILLE SOUVAY

SOUVAY Jacques : il est né à Pussay en 1923. Sa Maman est une Demoiselle REBIFFÉ. Il a d'abord fait partie de la Fanfare et de la Gymnastique de Pussay.
A 18 ans, il s'engage dans les FFI. En voulant rejoindre la 2ème DB (Division Blindée) du Général Leclerc, il est tué en Allemagne, à Eppingen (Bade - Wurtemberg), – en Forêt Noire – le 22 Avril 1945, année de la fin de la guerre où ont lieu les plus durs combats.
Les personnes qui pourraient nous donner des renseignements sur les autres personnes – Roland BESNARD et André NICOL - et sur leurs actions sont les bienvenues.

Un membre des FFI nous a quitté

Le Président des Anciens Résistants et des Amis du Maquis de Plainville , M. Georges GOURCI, nous a envoyé l’allocution qu’il a prononcée lors des obsèques d’Henri MILLET, l’un de nos concitoyens. En voici les extraits principaux.
« Henri, tu venais d’avoir tes 18 ans. Tu n’étais pas menacé par les réquisitions ni par le Service du Travail Obligatoire (STO) en Allemagne, mais c’est par patriotisme et la haine de l’occupant qui t’ont amené à rejoindre les FFI. Tu es arrivé le 16 juillet 1944 au Maquis de Plainville, commune de Marolles-les-Buis (Eure et Loir), site reconnu depuis comme lieu de mémoire. Tu as été tout de suite pris en main pour t’initier à la vie militaire. (…) Affecté au groupe VI, 1ère équipe, tu participes à des opérations de sabotage : voies ferrées, ponts, lignes téléphoniques et poses de mines avant le passage de convois ennemis. Le 11 août 1944, tu participes, ainsi qu’une grande partie des 170 hommes du maquis à la libération de Nogent-le-Rotrou, trois jours avant l’arrivée des troupes américaines.
Tu participes aussi à la libération de Chartres du 15 au 18 août et de Paris le 25 août. Tu t’en-gages pour la durée de la guerre. (…)
Henri est libéré de ses obligations militaires en fin d’année 1945. Il est titulaire du Titre de Re-connaissance de la Nation. Nous gardons le souvenir d’un ami qui était fidèle à nos rendez-vous d’anciens le 11 août à Nogent-le-Rotrou. (…)
»
La Municipalité de Pussay s’associe à l’hommage qui a été rendu à Henri MILLET et présente ses sincères condoléances à sa famille.