Histoire des cloches de PUSSAY :
L'énigme : Y eut-il des cloches dans l’église avant celles qui furent bénies au 19ème siècle ?
Et que devinrent-elles ?


Avant d’aborder l’histoire des premières cloches de PUSSAY, arrêtons nous un instant sur l’histoire des cloches en général, une histoire méconnue. Voici ce que l’on peut en dire :
Les Romains et les Gallo-romains utilisaient aussi toutes sortes de sonnailles pour repérer les brebis. Mais pour l’Occident moderne, c’est au Vème siècle après J.C. que l’on commence à les utiliser, et grâce à un évêque du nom de Paulin.
L’évêque Paulin de Nola, de son vrai nom Meropius Pontus Paulinus était le fils d’un riche patricien romain installé dans le bordelais. Il est né à Bordeaux en 353.
Marié, il est converti par Saint-Martin, devient moine puis évêque de Nola dans la province de Campanie, non loin de Naples, en Italie. Mort en 431, il aurait le premier installé des cloches dans des « campaniles ».
Quant aux petites fleurs bleues appelées « campanules », elles portent ce nom parce qu’elles ont une forme de cloche.
Avant que les familles des grands manufacturiers ne fassent installer les cloches du XIXème siècle, celles dont nous parlions dans le bulletin N° 11, (voir) d’autres cloches avaient pris place au haut de notre clocher.

cloche chinoise avant J.C.

Sonnaille pour animaux

En 1668, une grosse cloche a été consacrée, nommée Hélène par François de LANGUEDOUE (voir) et sa sœur Louise, parrain et marraine de cette cloche.
Nous savons qu’avait eu lieu, en 1740, la bénédiction d’une autre grosse cloche, c’est ce qu’indique l’acte ci-contre retrouvé aux archives de la commune, en voici le texte :

« Bénédiction de la grosse cloche :
L’an mil sept cent quarante, le dimanche quatrième d’après Pâques, quinzième jour de mai a été par nous curé de PUSSAY, accompagné de M Georges DARBLAY, diacre de ce diocèse, bachelier….(bénédiction de) la grosse cloche à l’issue des vêpres, laquelle a été nommée Marie Joseph Catherine, par Me. Marie Joseph de VENDEUIL, fille de M. Antoine de VENDEUIL… seigneur de cette paroisse et de dame Geneviève de VENDEUIL ses père et mère et par demoiselle Marie Catherine d’ARCHAMBAULT fille de feu M. Jacques François d’ARCHAMBAULT (seigneur de cette paroisse) et de Dame Anne Catherine de VAUVIER…»
Première remarque : le texte semble indiquer l’absence de toutes ces personnalités à la cérémonie puisque les signataires ont tous reçu procuration… Les signatures parlent d’elles-mêmes.
Deuxième remarque : comme cela sera le cas pour les cloches du 19ème siècle, ce sont les personnalités du moment qui sont choisies pour parrainer les cloches de l’église.
Nous avons cherché qui étaient ces personnalités du moment.
Les deux marraines Marie Catherine d’ARCHAMBAULT, née vers 1722 et Marie Joseph de VENDEUIL, sont toutes deux descendantes de François de LANGUEDOUE dont nous trouvons la pierre tombale dans l’église, au bas-côté droit.
(1)
Nous reviendrons bientôt sur les familles de LANGUEDOUE (voir) , d’ARCHAMBAULT (voir) , de VENDEUIL (voir) et de GAYA (voir) , pour expliquer l’histoire du partage du château de PUSSAY (voir).
Signalons toutefois, que « le 1er jour d’aoust 1710 est décédé messire Antoine de VENDEUIL écuyer du roy seigneur en partie de PUSSAY, BAUZY, RIVAUDE et autres lieux et le lendemain son corps a été inhumé devant l’autel de Saint-Jean vis-à-vis du pilier ». La pierre tombale est toujours visible dans le bas-côté gauche de l’église de PUSSAY.
Mais l’histoire des cloches ne se termine pas toujours aussi facilement… Serait-ce le cas pour celle-ci ?
En effet, en 1793, sous la Révolution Française, devant le danger d’invasion du territoire par les forces étrangères liguées contre la France républicaine, Lazare CARNOT, mathématicien, physicien et général « organisateur de la victoire » obtenait la promulgation d’un décret de la Convention Nationale qui réquisitionnait les cloches des églises (voir ci-contre).
Les personnes qui ont assisté à notre « Son et Lumière » se souviennent sans doute de cette histoire de réquisition, si peu populaire dans nos campagnes !
Décret de la Convention Nationale du 23 Juillet 1793, l’an second de la République française, portant qu’il ne sera laissé qu’une seule cloche dans chaque Paroisse
La CONVENTION NATIONALE décrète qu’il ne sera laissé qu’une seule cloche dans chaque Paroisse ; que toutes les autres seront mises à la disposition du Conseil exécutif, qui sera tenu de les faire parvenir aux fonderies les plus voisines dans un délai d’un mois, pour y être fondues en canons
C’est probablement ainsi que la cloche de 1740 finit sa vie : sous forme de balles ou de canon.
Dernière remarque : Pour votre curiosité, il faut savoir que Lazare CARNOT était aussi un grand savant (mathématicien, physicien, général et homme politique), et que son nom figure au fronton de la Tour Eiffel.
Ah ? Vous non plus, vous ne saviez pas que 72 noms de savants, scientifiques, ingénieurs et industriels étaient inscrits sur la fameuse Tour à la demande de Gustave EIFFEL ?



Les noms des 72 personnalités sont inscrits juste sous le premier étage de la Tour. (ci-dessous).
Mais il faut avoir de bons yeux !











retour Pour les lecteurs qui seraient intrigués par le fait que l’on inhumait des personnes à l’intérieur des églises, nous aborderons ce sujet dans un prochain bulletin. Il faut savoir que c’est en 1776, que cette coutume a été interdite.