Château : coté nord début XXème siècle
Histoire du Château de PUSSAY :
L'énigme : Pourquoi et comment le Château de PUSSAY a-t-il été coupé en deux ?

Le Blason de Pussay et le baptême de la cloche de 1740 nous a permis de connaître de nouveaux noms : d'ARCHAMBAULT, de GAYA et de VENDEUIL.

Nous allons pouvoir comprendre pourquoi et comment le château des Seigneurs de PUSSAY et son domaine ont été morcelés.
Gravures du Château (fin XVIIIème) avant démolition de la moitié.

Face nord (côté parc)

Dos sud (côté rue)

Profil ouest et plan du RdC
(la partie ombrée sur le plan est la partie non démolie)

Le samedi 5 mai 1703, François de LANGUEDOUE (voir) (petit-fils de François dont la pierre tombale se trouve au bas-côté droit de l'église), seigneur de PUSSAY et son épouse Hélène de COMPANS-BECQUET, faisant constat d'une descendance de trois filles (Charlotte, Louise et Hélène), décident de réunir la famille au grand complet, dans la grande salle du Château de PUSSAY, pour procéder au partage de leurs biens.
Sont présents : Messire CORNEIL (ou CORNILLE) ; le Chevalier Richard de GAYA (voir) , chevalier major et commandant des ville et château de COMPIÈGNE et son épouse Hélène de LANGUEDOUE ; le Chevalier Antoine de VENDEUIL (voir) , chevalier seigneur d'ESTELFAY, écuyer ordinaire du Roy, et son épouse Louise de LANGUEDOUE ; et le Chevalier René François d'ARCHAMBAULT (voir) , chevalier, nommé par Louis XIV grand bailli d'épée de CHATILLON sur INDRE accompagné de son épouse Charlotte de LANGUEDOUE.
Ils ont convenu au départ de rapporter ce que chacun a eu par contrat de mariage pour en faire une masse commune avec les dotes et recettes, les terres labourables le clos fruitier, le prix des bestiaux, les meubles, les rentes et dépendances de la seigneurie de PUSSAY, afin de partager le tout en trois lots égaux.
Il en fut fait ainsi, mais le château ne fut divisé qu'en deux parts (y compris le jardin et le bois), le troisième lot étant composé de sommes revenant des biens et terres de la seigneurie.
On mit ensuite trois billets dans un chapeau pour tirer au sort chacun des lots.
Passe par là, un jeune garçon de neuf ans, Louis SEJOURNÉ. On lui demande sur le champ de bien vouloir aider à ce tirage au sort. Il tire le premier billet correspondant au premier lot (partie droite du Château lorsqu'on entre par la rue du Nord) qui échoie aux de VENDEUIL ; le deuxième billet octroie la partie gauche du Château aux d'ARCHAMBAULT ; et l'argent des batiments et terres (appelé la Barre) échoie aux de GAYA.

C'est donc par le truchement du hasard que la seigneurie de PUSSAY se trouva partagée entre les trois filles de François de LANGUEDOUE : Hélène, Louise et Charlotte. Le château avec le jardin et le bois attenants divisé en deux, d'un côté les de VENDEUIL, de l'autre les d'ARCHAMBAULT et la recette de la Barre, plus la somme de six mille livres attribuées aux de GAYA ; ainsi commenca la fin d'une partie du Château de PUSSAY.
C'est un peu plus tard qu'on en démolira la moitié... (la partie des de VENDEUIL)

La ferme de la Villeneuve avait été acquise par René-François d'ARCHAMBAULT et Charlotte de LANGUEDOUE le 31 décembre 1698 d'Henry Guillaume et Jean Philippe de la VILLENEUVE. Le lot de « La petite Barre » était constitué d'une ferme et métairie à Pussay dite de la Villeneuve dont les batiments n'existe plus et de terres. La métairie consistait en une ferme et métairie à Pussay contenant une maison d'habitation, plusieurs granges et des écuries.

Château : coté sud début XXème siècle

Château : coté sud début XXème siècle

Que sont devenus plus tard les 2 lots constituant l'héritage de François de LANGUEDOUE ?
La partie d'ARCHAMBAULT :

Le partage entre les 4 héritiers d'ARCHAMBAULT a lieu en octobre 1722. Quatres lots ont été constitués et tirés au sort: Le tirage au sort donne le premier lot à Jacques François d'ARCHAMBAULT, le deuxième à Louis Charles Alexandre, le troisième à René Nicolas et le quatrième à Jean Baptiste.
Jacques François d'Archambault et sa femme, Anne Catherine de VAUVIERS, vivent au château de Pré-Saint-Evroult et donnent naissance à dix enfants. Jacques François l'aîné, deuxième du nom, épousera en 1745 Marguerite Julienne DETREMAULT. Trois filles naîtront de cette union, qui à la Révolution résident avec leur père à CHARTRES.
La partie de VENDEUIL :
Même s'il n'y réside pas en permanence, Antoine de VENDEUIL meurt à PUSSAY le 1er août 1710.
Comme pour les d'ARCHAMBAULT, les de VENDEUIL ne sont plus vraiment présents à PUSSAY; seuls y vivent encore leurs fermiers receveurs.
En décembre 1759, Antoine François de VENDEUIL, fils d'Antoine, en donne l'usufruit après lui, un an avant sa mort, à Pierre Jacques Thorin DELATHANNE et à Marie Joseph Etiennette DELATHANNE, sa sœur, veuve de Jacques Edouard de WALDEGRAVE, chacun pour moitié et la totalité au survivant d'entre eux ; et il donne la propriété de ces mêmes biens à Joseph Edouard de WALDEGRAVE
(1), fils mineur de Marie Joseph Etiennette, et en cas de décès de Joseph Edouard, au sieur DELATHANNE et à la dame de WALDEGRAVE ou au survivant d'entre eux.
Or, Joseph Edouard et sa mère décèdent, respectivement en 1783 et en 1788.
Pierre Jacques Thorin DELATHANNE reste donc seul propriétaire des biens.
Après la Révolution :
Voici donc comment, juste avant la Révolution, la seigneurie de PUSSAY est partagée entre Jacques François d'ARCHAMBAULT et Pierre Jacques Thorin DELATHANNE.

En 1789, bien que le couple ait eu 10 enfants, les descendants de Jacques François d'ARCHAMBAULT et Anne Catherine de VAUVIERS ne sont plus que cinq : Jacques François, deuxième du nom, sa sœur Bonne Elisabeth et les trois enfants de leur frère René Charles. Deux de ces enfants, Charles François et Marie Charlotte sont réputés émigrés.
(2)
Jacques François d'ARCHAMBAULT, qui réside à Chartres n'a pas obéi aux dispositions des lois sur ses biens, ce qui entraîne son inscription sur la liste des émigrés arrêtée le 29 octobre 1792.
Le 3 novembre 1792, la citoyenne Jeanne Françoise GAUTRON, veuve DENISEAU, rachetera ainsi les 2/5ème des biens.
Jacques François d'ARCHAMBAULT oeuvrera pour se faire rayer de cette liste, afin de rentrer dans ses biens ; il ne récupérera qu'une partie de ceux-ci douze ans plus tard.
En 1809, Jean Pierre DELANOUE rachètera cette moitié du château aux héritiers DENISEAU et d'ARCHAMBAULT.

Le 8 février 1791, Pierre Jacques Thorin DELATHANNE, alors Général de la Révolution et du Premier Empire vend ses biens aux époux LENOIR DEBALAY moyennant 120 000 livres. François Etienne LENOIR DEBALAY et Marie-Jeanne de LAMONINARY,mariés le 20 décembre 1740, à Paris, ont eu deux filles Marie-Sophie, mariée à Nicolas Casimir Julien DORIGNY, et Amélie Henriette, mariée à Jean Claude Eugène SIRAUDIN.
En novembre 1803, à la mort de son mari, Marie-Jeanne a vendu ses biens à ses filles, sous réserve de l'usufruit durant sa vie, pour se libérer envers elles de la somme de 92 839 francs qu'elle leur devait sur la succession de son mari.
A sa mort en 1808, les 3 filles LENOIR DEBALAY en sont donc devenues entièrement propriétaires.
En 1819, la partie ouest du château est revendue à Monsieur Louis Bertrand GRY (descendant de Georges GRY, gendre et associé d'Adolphe Brinon - mari de Céline Brinon), (voir) et l'autre moitié à un certain Monsieur BOURGOIS.
En 1823, Monsieur BOURGOIS cède sa part à Monsieur Jean Baptiste DELANOUE
Les héritiers de Louis Bertrand GRY démoliront leur part pour reconstruire sur son emplacement une maison bourgeoise, que l'on peut voir aujourd'hui, attenante aux restes de l'ancien château.

Adolphe BRINON

Georges GRY

Céline BRINON






















(1) retour rappelons que c'est le Comte de WALDEGRAVE qui, le 12 avril 1777, fit reconstruire à neuf le four banal de PUSSAY.
(2) retour Dès qu'éclate la Révolution, de nombreux Français, surtout aristocrates et royalistes, quittent le pays pour l'étranger devant les événements. Très vite, les autorités réagissent, car les émigrés nobles entraînent avec leur fuite, celle des capitaux. Le 31 octobre 1791, l'Assemblée législative ordonne donc aux émigrés de rentrer avant le 1er janvier 1792 sous peine d'être déclarés rebelles et déchus de leurs droits. C'est alors en février 1792, qu'un décret rétablit l'utilisation du passeport et que le 30 mars, les biens des émigrés ayant quitté la France depuis le 1er juillet 1789, sont confisqués.