Charles MICHELS à PUSSAY :

Charles Michels est né de père inconnu le 6 Mars 1903 à Paris. Il est reconnu par Jean Michels, chaudronnier qui a épousé sa Maman Louise Lecoq, journalière, en 1906 à Paris (20ème).
Son père adoptif meurt fin 1914 et il est l'aîné de quatre enfants, alors que sa mère fait des ménages.
Il quitte l'école avant le Certificat d'Etudes Primaires (CEP) et il est embauché chez un grossiste en pommes de terre puis par un marchand de peaux de lapin : c'est lui qui lave les peaux.
En 1917, il est embauché comme apprenti dans une usine de chaussures très connue, l'usine des chaussures Dressoir, rue du Général-Lasalle à Paris qui emploie 4 000 ouvriers en 1920. En cette année 1920, il est renvoyé de cette firme car il y est délégué de la section syndicale CGT.

En 1923, Charles Michels épouse Aimée Malagnoux, une ancienne voisine dont il aura 2 filles, Régine et Denise.
Il arrondit son salaire en disputant des matchs de boxe aux « Folies Belleville ».
Après son service militaire en 1923-1924, il devient moniteur à la FSGT, organisation sportive de la CGT. Il fait partie de l'équipe de football.
Il entre au Parti Communiste en 1926. En 1929, il devient Secrétaire de la Fédération unitaire des cuirs et peaux (CGTU). En 1935, il est un actif artisan de l'unité des deux fédérations CGTU et CGT des cuirs et peaux.
Il devient le Secrétaire adjoint de la Fédération Unifiée. Il est de ce fait en relations constantes avec les ouvriers des usines de chaussures de Pussay.
Il est élu député du 15ème Arrondissement de Paris en avril 1936.


Il est présent lors des mouvements ouvriers de 1936 – 1937. C'est lui qui vient à Pussay le 11 juin 1937 pour accompagner la délégation syndicale près du patron des Usines Brinon (voir).
« La fermeté des ouvriers, les arguments convaincants de Charles Michels firent comprendre au patron que ce lock-out n'avait que trop duré.
Dès le lendemain 12 juin, le travail reprenait pour la totalité du personnel.
»
Il est mobilisé en 1939, puis démobilisé en Juillet 1940. Il regagne Paris et prend contact avec Jean Catelas, dirigeant communiste clandestin.
En mai 1941, il est arrêté et il arrive au camp de Choisel à Châteaubriant. Il prépare l'évasion de 4 dirigeants communistes résistants. Il est fusillé par les nazis avec 26 autres otages, en même temps que Guy Môquet » (1) et Jean-Pierre Timbaud (2) , le 22 octobre 1941, à Châteaubriant. Ce sont en tout 48 otages qui seront fusillés à Châteaubriant, Nantes et Paris, en représailles après l'attentat contre le Feldkommandant de Nantes Karl Hotz.
Extrait de la dernière lettre de Charles Michels :
« Console ma bonne petite mère. Fais de nos filles de braves petites femmes et qu'elles se souviennent que leur père s'efforça toujours d'être un honnête homme et qu'il consacra toute son existence pour que les travailleurs aient une vie meilleure. Cela viendra ! »

Camp de Choisel à Châteaubriant en Avril 1941
Sous la + se trouve Guy Môquet
Charles Michels est au premier rang, le 2ème en partant de la gauche.

Guy Môquet

Jean-Pierre Timbaud (2ème à droite)









(1)
retourGuy Môquet, né le 26 avril 1924 à Paris et mort le 22 octobre 1941 à Châteaubriant, est un militant communiste, célèbre pour avoir été le plus jeune des 48 otages fusillés, le 22 octobre 1941, à Châteaubriant, Nantes et Paris en représailles après la mort de Karl Hotz (lieutenant-colonel allemand, abattu à Nantes par des résistants). Son nom, plus particulièrement associé à celui des 27 fusillés du camp de Châteaubriant, est passé dans l'histoire comme un des symboles de la Résistance française.
(1) retourJean-Pierre Timbaud, né le 20 septembre 1904 à Bossavy de Payzac, mort le 22 octobre 1941 à Châteaubriant, est un syndicaliste français appartenant à la Confédération générale du travail (CGT). Il a été fusillé comme otage en représailles à l'attentat du 20 octobre 1941 contre le Feldkommandant (lieutenant-colonel) Karl Hotz.