La Prison... Euh... Cachemite de PUSSAY ?

L'énigme :

Savez-vous qu’à Pussay, nous avons une prison ?

Mais où donc est-elle ? ... A la Mairie ?

Dans le Château, ou dans son domaine ... Peut-être ... ? Ailleurs ... ?
Vous ne savez pas ce qu’est une cachemite ? On peut aussi écrire une « cachemitte ». Et vous ignoriez qu’à PUSSAY nous en avions une ?
Rassurez vous, vous n’êtes pas seul dans ce cas !
Une cachemite est une sorte de prison, et à PUSSAY, nous en avons une…
La prison de PUSSAY n’est pas un mythe : elle existe encore et se situe Impasse des Tilleuls, en plein centre du village, tout près de l'ancien château. Cette impasse était autrefois nommée petite rue de la mairie (juste après la révolution française), car la 1ère Maison Commune s'y trouvait, et se trouve encore là ! Et notre cachemite est située devant cette ancienne mairie... et école de garçons à cette époque, devenue plus tard la 1ère École Maternelle de Pussay.
Vous pouvez aller la voir, la voir seulement, pas aller la visiter, et encore moins y résider… car elle a tout de même une mine patibulaire (1) !
On disait « Si tu n’es pas sage, on va te mettre à la cachemite !! »
Ce mot ne se trouve dans aucun dictionnaire et pourtant nous avons trouvé qu’il se composait du mot « cache » comme « cachot » et « mite » comme « mitard » : un vrai double programme !
Mais, évidemment, rien à voir avec la bande d’Orgères, car notre cachot n’aurait pas pu contenir tous ces voyous.
C’était seulement un lieu où le garde-champêtre pouvait placer pour une ou deux nuits un « chemineau » (2) - aujourd’hui nous dirions un « sans domicile fixe » un « SDF » – ou même une personne enivrée qui gênait les habitants en faisant du « potin ».


Fourche patibulaire
Remarques :

Dans la liste des domaines répertoriés officiellement par le Service Culturel du Conseil Général que nous rappelions dans l’Echo N° 3 (septembre – octobre 2008), l’article concernant le « petit patrimoine » ou « patrimoine vernaculaire », nous n’avions pas trouvé trace de l’inventaire des prisons de village…
La Commune de PUSSAY serait-elle la seule à posséder une «  cachemite » dans l’Essonne ?

Expressions :

Les expressions que nous devons aux cachots et à ceux qui y séjournaient sont fort nombreuses :
On disait d’un « gueux » ou d’un vagabond qu’il était « sans feu, ni lieu » : quelqu’un qui n’est pas sédentaire – le « feu » étant le foyer ou la famille.
De là à croire que ces suppôts de Satan (ou du diable) » ou « gibiers de potence », n’avaient « ni foi, ni loi », il n’y a qu’un pas… « Ni feu, ni lieu », « ni foi, ni loi »…
Il est intéressant et humoristique de savoir que « cachot » vient du latin « carcer » (d’où « incarcérer ») et que ce mot latin se prononçait probablement comme le nom du nettoyeur haute pression allemand Karcher… !

Souvenirs :
Il semble, d’après de nouveaux renseignements, que les enfants de PUSSAY, à la sortie de l’école, s’amusaient à se hisser sur la pointe des pieds pour regarder par la lucarne s’il y avait un vagabond enfermé.
Les cris des enfants réveillaient l’endormi et les gosses partaient joyeux en courant tandis que le prisonnier envoyait des jurons et des menaces.
Ci-contre, photo de la cachemite, il y a quelques années : il y avait encore un volet à la lucarne. 





(1)
retour Patibulaire signifie « suspect », « destiné à finir sur les fourches patibulaires », c'est-à-dire sur le gibet, la potence…
(2) retour Surtout ne pas confondre avec un cheminot qui est un employé des chemins de fer !