La bataille de Patay
A PUSSAY, un chemin hautement historique

La bataille de Patay : Un tournant décisif pour la Guerre de Cent ans sur le chemin de Blois.

Non seulement le chemin antique qui va de Paris à Blois et passant par Étampes et Pussay vit passer les armées anglaises au moment de la Guerre de Cent Ans, mais mieux encore, il vit la victoire quasiment définitive des Français et Écossais sur les « godons » (1) (comme on surnommait à cette époque les Anglais occupants). L'armée britannique ne s'en relèvera pas.

Plaque commémorative
« 18 Juin 1429. C’était un samedi.
L’armée française, composée de 7 à 8 000 hommes était assez disparate ; on y parlait toutes les langues et tous les dialectes de l’Europe occidentale. Des Orléanais et des Chartrains côtoyaient des Irlandais, des Espagnols, des Lombards et des Allemands. Les capitaines avaient réussi à obtenir, non sans difficultés, une cohésion et une discipline admirables.
Surtout celle qu’on appelait la Pucelle avait su donner à tous la confiance et l’enthousiasme qui procurent la victoire. Jargeau était pris depuis le 12 juin, le pont de Meung sur Loire emporté le 15. Beaugency assiégé le 17, ouvrait ses portes le 18 à la première heure au duc d’Alençon et à Jeanne d’Arc. (2)
L’armée anglaise, commandée par le fameux John Talbot, forte d’environ 5.000 hommes, s’était regroupée à Mung sur Loire et se préparait à attaquer le pont.
Lorsqu’elle apprit la perte de Beaugency, vers huit heures du matin, elle décidait de se retirer lentement sur Janville où elle disposait d’une importante place forte, espérant s’appuyer sur les garnisons de Montpipeau et Saint Sigismond.
Empruntant l’ancienne voie de Blois à Paris, les Anglais marchaient dans un ordre parfait : l’avant-garde, puis l’artillerie, les convois, ensuite le corps principal et enfin l’arrière-garde composée uniquement de gens d’armes d’origine anglaise. Cette armée était sur le territoire de Coinces, non loin de Patay, lorsque les coureurs signalèrent des cavaliers.
« Quand Talbot apprend qu'il est poursuivi, il décide de ne pas refuser le combat et se porte vers Patay, à l'orée du bois de Lignerolles, afin de se retrancher solidement dans un endroit encore désigné au cadastre sous le nom de « Grand réage du camp ».
Le duc d’Alençon aver des mouvements de l’ennemi hésitait à le poursuivre ; il n’avait pas oublié la funeste rencontre de la journée des Harengs du 12 Février. Mais Jeanne d’Arc avait insisté : « En nom Dieu, il faut les combattre, s’ils étaient pendus aux nues, nous les aurons ».
Les éclaireurs de l’armée française étaient commandés par le valeureux La Hire. Le corps de bataille qui suivait d’assez près, était conduit par le duc d’Alençon et la Pucelle.
Les historiens militaires anglais situent précisément la rencontre sur la vieille route romaine, à une intersection…. Le chemin emprunté par les troupes se resserrait entre des haies et des buissons. C’est là que Talbot s’arrêta avec 500 archers d’élite.
»

Carte version française
« Il était environ 14h00, par une chaleur accablante, un cerf effrayé sortit subitement d’un taillis et se dirigea droit sur les archers anglais qui se mirent à pousser des cris de surprise. Ces clameurs firent découvrir l’ennemi à l’avant-garde française qui, entraînée par le bouillant La Hire, arriva à grand galop sur les archers anglais avant qu’ils n’aient eu le temps de prendre leurs positions.
Falstaff qui était avec le corps principal de l’armée anglaise courut vers l’avant-garde pour la ramener dans la bataille, mais s’imaginant que tout était perdu, les Anglais se dispersèrent et s’enfuirent.
Pendant ce temps, le gros de l’armée française massacrait ou faisait prisonniers de nombreux ennemis. Talbot, lui-même tomba aux mains de Poton de Xaintrailles.

Carte version anglaise
Les fuyards furent poursuivis jusque sous les murs de Janville. Là, les habitants refusèrent d’ouvrir les portes de telle sorte que Falstaff et 7 ou 800 cavaliers arrivèrent à Étampes vers minuit.
Les soldats français, fatigués après une journée bien chaude, couchèrent sur place. Le lendemain, un dimanche, après avoir dîné à Patay, ils entrèrent triomphalement à Orléans avec leurs prisonniers.
»

Les archers Anglais

Aucun pays d’Europe n’eut autant recours aux archers que l’Angleterre pendant le Moyen Âge.

Archer longbow

Arbaletrier
« Il était environ 14h00, par une chaleur accablante, un cerf effrayé sortit subitement d’un taillis et se dirigea droit sur les archers anglais qui se mirent à pousser des cris de surprise. Ces clameurs firent découvrir l’ennemi à l’avant-garde française qui, entraînée par le bouillant La Hire, arriva à grand galop sur les archers anglais avant qu’ils n’aient eu le temps de prendre leurs positions.
Falstaff qui était avec le corps principal de l’armée anglaise courut vers l’avant-garde pour la ramener dans la bataille, mais s’imaginant que tout était perdu, les Anglais se dispersèrent et s’enfuirent.
Pendant ce temps, le gros de l’armée française massacrait ou faisait prisonniers de nombreux ennemis. Talbot, lui-même tomba aux mains de Poton de Xaintrailles.

Les victoires anglaises de la Guerre de Cent ans, à Crécy, Poitiers et Azincourt sont dues à ce corps d’élite, les archers d’arcs longs (ou « longbow ») de 2 m de long.
Cet arc, malgré son coût modique était une arme décisive lors des combats de front en rase campagne. L’inconvénient majeur consistait en un entraînement fort onéreux car ces soldats de métiers, quoique roturiers, au même titre que les cavaliers (ou chevaliers) qui les méprisaient, devaient être entraînés pendant deux ans.
Or, « étant paysans, ils s’enrôlaient de façon saisonnière, les campagnes se terminant à peu près à temps pour qu’ils puissent participer aux récoltes d’automne ».
Les grands arcs anglais étaient fabriqués en bois d’if ciré pour les protéger de la pluie.
Pour une campagne, il fallait fabriquer entre 400 et 500 000 flèches. Ces flèches faisaient du 200 km/heure et chaque archer pouvait en décocher 10 par minutes. Cette cadence était bien supérieure à celle de l’arbalète.
Les flèches n’étaient pas placées dans un carquois, mais fichées directement en terre devant l’archer par commodité et pour provoquer contamination et infection à l’adversaire. Des jeunes gens fournissaient les flèches.
« Le corps d’archers anglais souffrait de deux faiblesses : dépourvus d’armures, ils formaient de piètres défenseurs dans le combat au corps à corps » ou lorsque l’adversaire les prenaient par surprise et le besoin d’entraînement intensif ralentissait le recrutement d’une armée de relève.
« La tactique défensive habituelle des archers anglais consistait à ficher des épieux taillés en terre devant leurs batteries, ce qui arrêtait les charges de cavalerie ennemie et ralentissait suffisamment les progrès de l’infanterie pour leur laisser le temps d’éliminer les assaillants ».
Notre chemin antique est donc aussi un chemin historique qui marque le commencement de la fin de la Guerre de Cent ans.
Cette première grande expérience de guérilla, fatale aux archers anglais, eut lieu sur ce chemin d’Étampes à Blois qui est si cher à Pussay.
(1) retour « Godon », surnom pour un Anglais, vient du juron anglais « goddam » pour « God damn me », c'est à dire « Dieu me damne ».
(2) retour Jeanne d’Arc née en 1412 à Domrémy.
Jeanne d’Arc est aussi appelée Jeanne de Lorraine ou Jeanne d’Orléans ou la Pucelle d’Orléans.
  • En 1420, la plupart du territoire français est envahi par les Anglais.
  • En 1425, Jeanne de Lorraine entendit des voix qui lui disaient de bouter les Anglais hors de la France.
  • En 1429, Jeanne d’Arc fit la Bataille de Jargeau, la Bataille de Meung-sur-Loire et la Bataille de Patay. Dans la même année, elle libère Orléans et fait sacrer le dauphin Charles VII roi de France à Reims. Jeanne d’Arc est arrêtée, et fut dans la même année condamnée à mort comme hérétique par l’évêque Pierre Cauchon .
  • Le 30 mai 1431, les Français brûlent Jeanne d’Arc à Rouen.
  • En 1431, juste après avoir brûlé Jeanne d’Arc, les Anglais ont crié « On a brûlé une sainte. ».
  • En 1450, Charles VII demande l’ouverture d’une enquête sur le procès Jeanne d’Arc.
  • En 1456, la condamnation de Jeanne d’Arc est annulée.
  • En 1909, Jeanne d’Arc est béatifiée.
  • En 1920, Sainte Jeanne d’Arc est canonisée par le pape Benoit XV.