Pussay et son patrimoine
La période du paléolithique
Concernant les recherches de silex taillés de la période du paléolithique, elles ont été fructueuses : une dizaine de bifaces ont déjà été trouvés aux deux entrées du village.
Un biface est un outil de pierre taillée caractéristique des périodes anciennes de la Préhistoire. Il fait son apparition au Paléolithique inférieur en Afrique de l'Est et se diffuse en Europe et en Asie durant cette période.


Le Dolmen
Ce dolmen, dont la table n'est plus suspendue que d'un côté, est situé dans la petite vallée sèche qui sépare les communes de Pussay et de Congerville-Thionville.
Sa présence témoigne de l'occupation du territoire dès l'époque néolithique. Laissé au milieu des champs, il est menacé de disparition..
Adresse : Rue du Dolmen, Le Grès-de-Linas, Congerville-Thionville, France

La Croix d'Étampes à Pussay
Cette croix aux volutes en fer ouvragé est montée sur un socle formé de trois pierres cylindriques.
Elle était à l'origine placée à l'entrée du chemin qui mène à Étampes et faisait partie des trois croix auxquelles se rendait la population durant les trois jours des rogations.
Les jours des Rogations sont, dans le calendrier liturgique catholique, les trois jours précédant immédiatement l'Ascension.
Le chemin d'Étampes démarre de Pussay rue de la Brèche, passe devant l'École Frédéric Joliot-Curie et le gymnase Gaston Pommereau et continue jusqu'au bois du Poil du Loup en direction d'Étampes.
GR 111 dans Pussay Itinéraire du GR 111 et traversée dans Pussay

La Mairie de Pussay
La demeure est construite par M. Jaquemet, gendre du fils du fondateur de la première manufacture de bas de laine à Pussay en 1766, Pierre Paul Dujoncquoy.
L'ampleur et le style de la demeure témoignent de l'importance et de la richesse de ces manufacturiers.
Lorsqu'ils quittent Pussay en 1881, la maison est achetée par la commune pour y installer la mairie et l'école des garçons. Elle abrite aujourd'hui la mairie et l'école maternelle.


L'église Saint-Rémy et Saint-Vincent
Cette église date peut-être du XIIème siècle pour sa partie la plus ancienne.
La nef, le chœur et les chapelles ont été construits par étapes.
L'entrée se fait par une porte en arc brisé sans saillie sur la façade et bordée d'un simple tore.
À l'origine, l'église ne comportait pas de bas-côtés. Les arcades ont été percées dans les murs de la nef unique et, sous les combles, la corniche de l'ancienne toiture et les anciennes fenêtres obturées uniquement sur le parement intérieur sont encore visibles.
Le bas-côté sud date du XVIe siècle, époque où les seigneurs de Pussay étaient au sommet de leur gloire.
La voûte néo-gothique a été montée en brique et plâtre au XIXème siècle, tout comme le bas-côté nord. Ils sont le témoin de l'époque où les manufacturiers de bas et de chaussons de laine sont à leur apogée. Si aucune explication certaine ne peut être donnée sur les déformations des piliers du chœur, il est possible que l'effondrement d'un clocher en pierre en soit à l'origine. Le clocher actuel date de 1839 après avoir été refait deux fois.
Les voûtes des bas-côtés de l'église reposent sur des corbeaux ou culs-de-lampe qui sont parmi les rares motifs sculptés de l'église avec les chapiteaux des colonnes du chœur et du sanctuaire traités en méplat.
Ils représentent des têtes d'anges, de personnages variés et d'animaux, dont un chat.
Cette clef de voûte sur laquelle est gravée la date de 1536 indique l'époque de construction du bas-côté sud de l'église, période où les seigneurs de Languedoue, ancienne famille de noblesse d'épée originaire du pays chartrain en Beauce, vivaient à Pussay.
L'un des seigneurs de Pussay, François de Languedoue, s'illustre à la bataille gagnée par le roi Charles IX dans la plaine de Saint-Denis en 1567. À sa mort en 1596, il est enterré dans l'église de Pussay. Il est représenté ici aux côtés de sa femme Louise de Rivaulde.

Le Château de Pussay
Aujourd'hui ne subsistent plus que la moitié du château et une seule des quatre tours rondes de l'époque médiévale, la tour hexagonale datant de la Renaissance.
En 1546, François Ier autorise Claude de Languedoue et les habitants de Pussay à se fortifier.
En 1703, François de Languedoue et sa femme, Hélène de Compans-Becquet, ont trois filles. Ils partagent donc leurs biens en trois et le château en deux, deux des trois filles héritant chacune d'une moitié.
Après la Révolution, la moitié gauche du château est rachetée par l'ancien receveur de la seigneurie de Pussay. Ses descendants la démolissent pour construire une maison bourgeoise abritant une manufacture de bas et chaussons de laine. Rachetée par un cultivateur, la seconde moitié est entretenue et restaurée ensuite par ses descendants, en majorité des manufacturiers.

Le Cinéma Jeanne d'Arc de Pussay
Le cinéma a existé très tôt à Pussay. Les séances avaient lieu dans une salle appartenant à la société « A. Brinon Fils », rue du midi, l'actuelle rue Charles Michels. Une société : « La Jeanne d’Arc » avait la charge des activités sportives, musicale et théâtrale de Pussay dès 1909. Dans les années 1920, une salle des fêtes pouvant accueillir 300 spectateurs est créée dans une ancienne filature, et un premier film sera projeté en 1922.
Dans les années 1930, le cinéma a été transféré rue du parc (actuelle rue de la libération) et nommé Cinéma Jeanne d'Arc, la première représentation d'un film de cinéma parlant a eu lieu en 1933.
Le cinémascope est arrivé à Pussay en 1958. Mais malgré une renovation en 1967, le cinéma cessera toute activité en 1970.
Voir un article complet présentant notre ancien cinéma sur le site de « Pussay et son Pays »

Les maisons de Pussay
Les lucarnes à auvents qui surmontent encore certaines habitations à l'allure cossue indiquent que ces demeures sont d'anciennes fabriques de bas et chaussons de laine.
Ces ouvertures servaient à hisser les ballots de laine dans les greniers des fabriques tout en les protégeant de la pluie.
La poutre en bois médiane laisse voir en son centre l'évidement qui accueillait la poulie.

Porte charretière et porte piétonne
Les fermes beauceronnes, bâties en calcaire de Beauce, étaient, dès leur construction, entourées de hauts murs pour se protéger du vent.
Ces murs étaient percés d'une porte charretière pour permettre aux hommes et aux marchandises transportées à l'aide de charrettes ou de cabriolets tirés par des chevaux d'entrer dans la ferme.
Une porte plus petite, calquée sur la première, était aménagée à côté pour laisser passer les piétons.
Celles-ci, cintrées, sont construites en calcaire, et la date de construction, 1786, est gravée dans la pierre centrale de la porte charretière.
Certains pigeonniers étaient façonnés autrefois pour quelques dizaines de couples seulement et étaient placés au-dessus d'une porte charretière de grange ou dans un grenier comme celui-ci.
Les nids étaient faits de casiers de bois avec un fond de paille.

Première manufacture de bas et chaussons
Ce bâtiment surmonté de deux auvents marque l'emplacement de la première manufacture de bas et chaussons de laine tricotée de Pussay, installée par Pierre Paul Dujoncquoy en 1766. À une époque où les engrais n'existaient pas, les cultivateurs entretenaient d'importants troupeaux de moutons pour fumer et désherber la terre.
Par ailleurs, il existait sur place une main d'œuvre nombreuse occupée aux travaux agricoles l'été, mais partiellement occupée l'hiver et cherchant dans la laine un appoint financier. Cela explique le fait que les métiers de la laine existent dans les registres paroissiaux dès 1706.
L'industrie est alors artisanale, mais avec l'arrivée de Pierre Paul Dujoncquoy, elle s'organise. La manufacture emploie en 1814 30 ouvriers à carder, 50 ouvriers à filer à la main, 400 ouvriers au tricot à l'aiguille, 12 fouleurs et 36 apprêteurs.
En 1827, le manège servant à alimenter en eau le foulon est mis en mouvement par 5 mulets et en 1840, il est mis en mouvement par 6 chevaux.
Après la période de mécanisation des procédés de fabrication, la manufacture est transférée à Sainte-Mesme près de Dourdan, localité où les Dujoncquoy possédaient une autre fabrique. Une partie de la manufacture est transformée en logements pour ouvriers et l'autre partie abrite un temps l'école des sœurs, aujourd'hui la bibliothèque et le musée Henri-Auchère.
Adresse : 2, place du Jeu-de-Paume, Pussay

Ancien Ouvroir de Pussay
Cette maison aux fenêtres arrondies, agrémentées de briques et à la lucarne soulignée d'une frise en zinc, date du milieu du XIXème siècle.
Elle servait alors d'ouvroir et accueillait donc des jeunes filles orphelines ou abandonnées par leurs parents dont s'occupaient les religieuses.
Après la fermeture de l'établissement, elle a été transformée en école libre de garçons Saint-Joseph, puis en foyer pour les anciens.
Elle sert aujourd'hui de salle de réunion et de salle polyvalente.
Adresse : Rue de la Libération, Pussay

La Prison (Cachemite)
La prison de PUSSAY n’est pas un mythe : elle existe encore et se situe Impasse des Tilleuls, en plein centre du village, tout près de l'ancien château. Cette impasse était autrefois nommée petite rue de la mairie (juste après la révolution française), car la 1ère Maison Commune s'y trouvait, et se trouve encore là !
Et notre cachemite est située devant cette ancienne mairie... et école de garçons à cette époque, devenue plus tard la 1ère École Maternelle de Pussay.
Vous pouvez aller la voir, la voir seulement, pas aller la visiter, et encore moins y résider… car elle a tout de même une mine patibulaire !
On disait « Si tu n’es pas sage, on va te mettre à la cachemite !! »
Ce mot ne se trouve dans aucun dictionnaire et pourtant nous avons trouvé qu’il se composait du mot « cache » comme « cachot » et « mite » comme « mitard » : un vrai double programme !
C’était donc un lieu où le garde-champêtre pouvait placer pour une ou deux nuits un « chemineau », aujourd’hui nous dirions un « sans domicile fixe » un « SDF », ou même une personne enivrée qui gênait les habitants en faisant du « potin ».

La fontaine
La IIIème République a voulu imposer ses idées laïques dans l'espace urbain des villes et des villages en opposition aux monuments religieux toujours présents.
L'idée d'installer des fontaines sur les places publiques apportait en plus un bien être où la rivière était absente et où l'eau fraîche avait tant manqué.
Certains mécènes se proposaient même, quelquefois, pour offrir aux villes ce type de mobilier urbain.

Chaussons de laine tricotée
Ces chaussons noirs de laine tricotée puis feutrée et doublés de flanelle blanche étaient la spécialité de Pussay.
La blousse filée à Guillerval ou à Saclas revenait se faire tricoter à Pussay sur des métiers rectilignes ou circulaires. Deux étoffes étaient ainsi formées, le « tissu de chausson » et la « doublure flanelle ».
Le chausson était découpé, feutré, teint, mis sur des formes en bois, apprêté, séché et doublé de flanelle avant que la semelle ne fût collée sous le chausson. Cette dernière ne fait son apparition à Pussay que vers 1880. Avant cette date, le chausson sans semelle était porté tel quel dans les sabots.

La Bannière de musique
L'union musicale des bonnetiers de Pussay est créée en 1882 par les établissements A. Brinon et Georges Gry, la plus importante des manufactures de bas et chaussons de laine de l'époque à Pussay.
Les fanfares avaient alors pour but d'initier les élèves à la connaissance théorique et à la pratique de la musique, et également de répandre et de développer le goût de l'art musical.
La fanfare participait à des concours de musique, donnait des concerts à l'occasion de la fête nationale ou de la distribution des prix. Les musiciens qui le souhaitaient jouaient chaque fin de semaine dans les bals.