AMAP ? c'est quoi ?

Les AMAP : le moyen de consommation de demain ?

Un nouveau mode de consommation est progressivement en train de faire sa place en Ile-de-France et dans l’Essonne. Il s’agit des AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne). Ces structures associatives présentent de nombreux atouts pour leurs utilisateurs en termes de qualité des produits, de proximité, de respect des normes environnementales, ou encore en termes de lien social. Zoom sur ce qui pourrait devenir un concept à la mode.
Seriez-vous prêts à déserter les grandes surfaces pour aller chercher vos légumes, vos fromages ou encore vos volailles directement chez les producteurs eux-mêmes ? Autrement dit, seriez-vous prêts à rompre avec le mode de consommation plébiscité par la majeure partie des Français ?
En tout cas, eux l’ont fait. « Eux », ce sont les membres des AMAP, comprenez associations pour le maintien d’une agriculture paysanne. La liste de ces structures qui mettent en avant les méthodes de circuit-court et qui prônent le développement de l’agriculture paysanne commence à s’allonger au fil des ans en Île-de-France. Depuis la création de la première AMAP en 2003 dans la commune de Pantin (93), la région répertorie aujourd’hui plus de 300 structures de la sorte en son sein, dont plus de 30 en Essonne. Un essor qui s’explique par de nombreuses raisons de proximité, de qualité des produits, de convivialité ou encore en termes de respect de l’environnement.
Un système gagnant-gagnant

Bien souvent, les AMAP doivent leur succès au circuit-court, c’est-à-dire au fait que le consommateur va directement chercher ses légumes chez le producteur. En limitant le nombre d’intermédiaires, le consommateur qui recherche des produits de qualité peut ainsi plus facilement en contrôler l’origine.
« C’est important pour les gens de savoir d’où proviennent leurs légumes. Tout le monde n’a pas forcément envie de manger des légumes produits en Asie, alors qu’on peut le faire ici en France », explique Florent Sebban gérant d’une AMAP dans le Sud-Essonne à Pussay.

Les champs de Florent Sebban à Pussay.
Toutefois, savoir d’où provient la production – généralement issue de l’agriculture biologique – n’est pas le seul facteur propre aux AMAP. En effet, il y a une autre dimension qui entoure ces structures et qui les différencie des traditionnelles cueillettes. Olivier Lavielle, trésorier du réseau AMAP-IDF la résume ainsi : « Chaque AMAP naît d’une rencontre entre des consommateurs et un ou plusieurs producteurs. Les consommateurs signent un contrat avec le producteur, financent à l’avance sa production sur l’année, et viennent chercher la part de récolte qu’ils ont préfinancée chaque semaine ». Ce contrat de confiance est d’une importance capitale pour les producteurs associés à cette initiative.
« C’est presque du gagnant-gagnant, relate Florent. D’une part, le financement apporté par ces personnes nous permet de produire et financer nos charges, et d’autre part, cela assure aux consommateurs qu’ils auront chaque semaine le fruit de nos productions ». Même sentiment pour Olivier Lavielle qui affirme qu’il y a une « vraie coopération entre le producteur et le consommateur. Ce dernier est même acteur de l’association ».
Chaque semaine donc, les consommateurs également appelés amapiens viennent chercher leurs paniers remplis des produits arrivés à maturité.
« Étant donné que nous pratiquons une agriculture traditionnelle, tous les légumes ne sont pas disponibles en même temps. À chaque saison ses produits. C’est la seule différence avec les grandes surfaces, confie Florent Sebban. Toutefois, les consommateurs peuvent également nous préciser leurs envies en début de saison pour que nous puissions nous organiser ». Question prix, ces paniers coûtent aussi cher sur une année qu’un panier de légumes à Carrefour. « Mais la qualité n’est pas la même », justifie Olivier Lavielle.

Un soutien de l’agriculture locale

En choisissant ce nouveau mode de consommation, les amapiens sont donc amenés à délaisser les supermarchés pour aller chercher leurs légumes chez l’exploitant. Des AMAP sont ainsi présentes dans le sud du département, là où il y a de la place pour se livrer à l’agriculture. A Pussay, Florent Sebban développe ainsi beaucoup la culture maraîchère.
Pour autant, il n’y a pas que dans cette partie de l’Essonne que se trouvent les AMAP. Effectivement, la majeure partie d’entre elles est localisée dans la partie la plus urbanisée du département. Seule différence avec le sud plus rural : les membres des AMAP du nord n’ont pas forcément l’espace pour produire eux-mêmes. C’est le cas pour Lakhdar Sekkaï à Viry-Châtillon. À défaut de pouvoir produire dans sa commune, il a choisi de faire appel à des producteurs locaux. « Notre maraîcher est à proximité de Beaume-la-Rolande dans le Loiret et notre producteur de pommes est à Orgeval dans les Yvelines ». Même constat pour son homologue Daniel Rouiller, qui s’occupe d’une AMAP à Ris-Orangis. « Nous nous approvisionnons chez un maraîcher de Vert-le-Grand, indique ce dernier. L’objectif est toujours de mettre en valeur et de soutenir la production locale. Car les AMAP, c’est avant tout une histoire de proximité ».

« Faire changer les mentalités »

Bien que le réseau AMAP soit encore jeune (12 ans), le nombre de ces structures est en constante augmentation pour atteindre aujourd’hui la barre des 300 unités. Et encore, ce total pourrait être plus important. « Le département compte plusieurs dizaines d’associations de ce genre qui ne sont pas rattachées au réseau AMAP-IDF », affirme Daniel Rouiller. Beaucoup d’amapiens convaincus aimeraient voir ce total exploser, quitte à ce que ce modèle permette « une remise en question des modes de consommation actuels ». C’est notamment ce que pense Daniel Rouiller. « Si les AMAP venaient à connaître un essor encore plus fort que maintenant, ce n’est pas demain, ni après-demain qu’elles pourront nourrir tout le monde. Cependant, il faut juste qu’elles se développent assez pour qu’il y ait un impact sur la production conventionnelle. Car, il faut que cette dernière évolue, c’est une question de santé ».
Le développement des AMAP suit son chemin. Depuis 2009, 120 porteurs de projets ont été accompagnés. Mais pour Olivier Lavielle, le plus important reste à « faire de la pédagogie auprès des gens, afin de leur faire comprendre que les AMAP sont accessibles à tous, toutes classes sociales confondues. Car sans consommateurs, le modèle s’essoufflera de lui-même ».
La liste des AMAP de l’Essonne est disponible ici. Des inscriptions sont encore possibles dans certaines structures. Voir avec les exploitants.